vendredi 21 août 2009
Destin commun et projet d'éducation: apprendre une langue kanak.
Apprendre une langue c'est aborder la culture portée par cette langue et s'ouvrir à ceux qui la parle.
On prétend qu'il y a trop de langues dites vernaculaires en Nouvelle-Calédonie; c'est un faux problème. Je préconise que tous les enfants scolarisés en collège apprennent (obligatoirement et non pas en option) pendant ces quatre années une langue kanak de leur choix parmi les quelques langues les plus parlées (pour être réaliste).
Ce serait un élément clé de la fondation du Destin Commun !
Une sorte de contre-don au don fait par le Peuple Kanak de nous accueillir, un peu (beaucoup) forcé sur sa Terre, et d'assimiler un peu (beaucoup) forcé la culture française.
De nombreuses langues kanak peuvent dors et déjà être enseignées; les collégiens pourraient opter pour la langue de la région d'implantation de leur collège ou une langue au choix parmi les langues les plus parlées, pour les collèges de Nouméa ou du Grand Nouméa.
Ce serait le geste le plus fort et le plus porteur de rencontres et de compréhensions entre les cultures de Notre Pays qui serait accompli. Un vrai geste, pas une simagrée "culturello-folklorique" comme on en voit tant !
Mon père parlait le Païcî, parfaitement, pourquoi, en une ou deux générations, cette qualité a été perdue ? Il a appris cette langue par la proximité d'avec les kanak de la région qu'il habitait, il comprenait et il était compris, il n'en avait pas honte, il en était fier; nous devons refaire ce chemin en institutionnalisant aujourd'hui cette démarche, qui, à l'époque de mon père était naturelle, pour une bonne partie des colons de Brousse.
mercredi 29 juillet 2009
Le leurre des dispositifs extras scolaires ...
Dispositifs spécifiques 400 cadres, Cadre avenir, pour le plus haut niveau, financés par l'Etat; dispositifs de formation professionnelle pour adultes, initiaux, de rattrapages ou continuées financés par la Nouvelle-Calédonie sur fonds européens, entre autres; dispositifs spécifiques aux chambres consulaires; multiples dispositifs d'insertion ou de réinsertion, pour les plus bas niveaux, financés par les Provinces; GSMA financés par l'Armée ...
Tous ces dispositifs cachent les incuries de l'Education Nationale en NC; et peinent à en rattraper les effets, en particulier auprès des populations océaniennes (kanak, caldoches ou wallisiennes et futuniennes) qui en sont les principaux "clients", rendant encore plus flagrante cette démonstration.
Bienheureusement, ce leurre n'en est pas un pour tous ceux qui, en bénéficiant, rebondissent dans leur parcours de vie et professionnel. Il en est un quand on parle de l'efficacité du système éducatif français en Nouvelle-Calédonie. Combien doivent leur réussite à ces parcours plus qu'à leur parcours scolaire classique ?
S'est-on penché sur cet aspect de l'échec ou de la réussite en termes statistiques ? En termes comparatifs avec des systèmes similaires métropolitains ? Si j'évoque le "leurre", c'est que, autant je crois à la nécessité de tels dispositifs, dans une mesure qui reste à évaluer, autant ils ne remplaceront jamais la formation initiale, celle que l'on acquiert de la maternelle à la fin du collège, celle qui couvre l'enfance et l'adolescence, celle qui couvre les apprentissages fondamentaux ! Jamais ! Au mieux ils permettent à de jeunes adultes de "se récupérer", au pire ce sont des emplâtres sur des jambes de bois.
Et, à ce moment où le transfert de compétences de l'enseignement du second degré va se mettre en place, au moment où nos politiques s'inquiètent de son coût, peut-être est-il envisageable de faire des économies d'échelle sur ces dispositifs évoqués plus haut, en rendant plus efficace la formation initiale de nos enfants ...
mercredi 8 juillet 2009
Quelle éducation pour la (Kanaky-) Nouvelle-Calédonie ?
Curieusement, des précédents transferts tels que les compétences en matière de fiscalité (il y a longtemps déjà), en matière de mines, en matière de santé, pour ne citer (pas par hasard) que ceux-ci, ne semblent pas avoir lever autant de boucliers !
Si on réduit la question du maintien d'un niveau que l'on prétend maintenant (soi-disant) excellent, à celui du maintien de moyens financiers, on fait fausse route! Ces moyens financiers, à quoi servent-ils ? Essentiellement à rémunérer les professeurs (Et c'est quand même ça qui est sous-jacent à toutes ces surrenchères politiques et syndicales, avec en crypto, la question de la surrémunération "indexale"). En effet, lorsqu'on demande plus de moyens, cela se traduit d'abord en dotations horaires qui permettent de rémunérer des heures à des taux variables assurées par les enseignants ( l'ensemble des heures d'enseignements réglementaires, les dédoublements d'effectifs pour certains enseignements ou activités, le soutien scolaire, la concertation, le suivi des élèves, etc.). Les moyens financiers servent également à assurer l'encadrement des élèves dans les établissements en dehors des heures de cours ou encore à assurer le maintien en état des locaux. Au-delà, les moyens financiers nécessaires à la construction de nouveaux établissements scolaires, le développement d'internats ou d'établissements de proximité, les ramassages scolaires au niveau communal, provincial ou territorial rélèvent d'un autre domaine de la politique éducative; leur financement peut faire l'objet de contrats avec la France métropolitaine, l'Europe, d'autres institutions nationales ou internationales voire d'autres pays avec lesquels des accords de coopération peuvent exister.
La vraie question reste donc celle du Projet Educatif dont voudrait bien se doter Notre Pays; projet éducatif qui ne peut se résumer à: "maintien du niveau scolaire" !!!
Si nous reprenons la définition du terme "éduquer" extraite du dictionnaire larousse, toutes les problématiques d'un projet éducatif pour la Nouvelle-Calédonie s'y trouvent.
Je développe:
Eduquer signifie:
1. Former l'esprit de quelqu'un: Qui est ce quelqu'un que je vais former ? Est-il unique ou pluriel ? Ce quelqu'un entre-t-il dans un même cadre culturel, appartient-il à la même société de référence ?
Développer ses aptitudes intellectuelles: Lesquelles ? A-t-on réfléchi sur ces aptitudes intellectuelles, sont-elles universelles ou multiples, comme le sont les intelligences ?
Développer ses aptitudes physiques: Quel est ce modèle physique d'homme et de femme que l'on va viser ?
Développer son sens moral: Quel sens moral développera-t-on dans ce tronc commun éducatif que constitue l'Ecole où cohabitent ["ent": ce sont les cultures qui cohabitent ... Pas l'école !] tant de cultures aux valeurs différentes?
2. Apprendre à quelqu'un les usages de la société: Ces usages sont-ils les mêmes dans les cultures kanak, métropolitaine, caldoche, wallisienne, polynésienne, vietnamienne, ... Y-en-a-t-il de communs, comment éduquer à différents usages ?
Apprendre les bonnes manières: Sont-elles les mêmes en tribu, dans les rues de Nouméa, aux Iles Loyauté, sur la propriété d'un broussard ?
3. Développer une faculté ou une fonction particulière: Le système éducatif français tel qu'il existe à l'heure actuelle en Nouvelle-Calédonie, permet-il de développer quelques facultés ou fonctions particulières que l'on aurait reconnues ["reconnu(es)": quoi? "Que". Les fonctions et facultés, féminin pluriel, j'accorde le participe passé avec le complément d'objet direct placé avant l'auxiliaire avoir], vitales pour un développement harmonieux de Nos Enfants et de Nos Jeunes dans toutes leurs diversités, ou prenant en compte un environnement naturel et industriel spécifique (par exemple) ?
Toutes ces questions que nous fournit ["it": le sujet, masculin singulier, est placé après le verbe, c'est Le Petit Larousse] Le Petit Larousse dans sa définition du mot "éduquer" constituent de véritables pistes pour l'élaboration d'un Grand Projet Educatif Pour (Kanaky-) Nouvelle-Calédonie. Et je suis particulièrement étonné (enfin pas tant que ça) qu'aucun parti politique ou syndicat d'enseignants ou association de parents d'élèves, n'évoquent cet aspect du transfert de compétences de l'enseignement Secondaire.
Est-ce à penser que le Destin Commun se fera tout seul ?
Est-ce à penser que le Vivre Ensemble en Nouvelle-calédonie est parfaitement pris en compte par le système éducatif français en Nouvelle-Calédonie ?
Est-ce à penser que beaucoup de problèmes de discipline dans les classes ou de heurts entre jeunes de communautés différentes ne peuvent, pour une bonne part, être résolus par une meilleure prise en compte de toutes ces facettes de l'éducation évoquées dans le terme "éduquer" ?
Est-ce à penser qu'il est inutile de s'interroger sur la capacité de l'enseignement scolaire et de la formation initiale dans le cadre scolaire à former des jeunes ayant toutes les compétences requises pour occuper les postes à pourvoir dans l'économie calédonienne ? Qu'il soit nécessaire d'investir des milliards dans la formation professionnelle continue pour récupérer le gâchis de l'échec scolaire ou de la déscolarisation des laissés-pour-compte produit par la soi-disant efficacité de l'Education Nationale et son niveau soi-disant élevé ? Il y a des paradoxes qui devraient quand même interroger tous ces professionnels de l'éducation et de l'enseignement ...
Les Enseignements Privés ( la DEC, en son temps mais plus depuis ces dernières années, l'ASEE encore à l'heure actuelle, et la FELP) avaient "retenu la leçon" et utilisé la liberté que leur donnait le Contrat qui les liait à l'Education Nationale pour innover dans de nombreux domaines éducatifs et pédagogiques voire même didactiques.
Ce transfert est une chance unique et exceptionnelle de mettre enfin en accord d'une part les voeux émis par tout un chacun en Nouvelle-Calédonie de bien vivre ensemble, de former une communauté de destin, de mettre en adéquation la formation des jeunes et le besoin de compétences de notre économie, d'autre part la réalité d'un Projet Educatif dont sera capable de se doter Notre Pays; et les moyens financiers dont on parle tant n'en seront que les déclinaisons liées aux choix et priorités que l'on se donnera. Les trouver (ces moyens financiers) est un faux problème ... Ou un vrai problème, électoraliste celui-là.
samedi 13 juin 2009
Yen a marre de voir dénigrer notre cocotier !
Considère-t-on que vivre sous les cocotiers conduit inexorablement à la paresse et à l'ignorance !
J'ose croire que tous ces enseignants qui viennent nous rejoindre sous nos cocotiers, ou ceux qui ont eu leurs diplômes sous ces mêmes cocotiers n'ont pas vu leur quotient intellectuel diminuer, auquel cas je comprendrais qu'ils soient les premiers à dénigrer le BAC ou la licence auxquels ils préparent leurs élèves, ou leurs étudiants ... Sous les cocotiers, évidemment ! A moins qu'ils ne soient ici que pour les cocotiers, ou que ceux qui y sont nés (sous les cocotiers) et y sont devenus enseignants aient ... Un cocotier dans la main !
Non mais !
Il y a quelque chose de terrible dans cette association du cocotier et du diplôme, comme un déni des Tropiques; de leurs habitants et de leur humanité dans toutes ses dimensions ["ses": les dimensions de leur humanité], leur intelligence, leur sensibilité, leur créativité, leur culture aussi, leur capacité d'adaptation enfin ... Le berceau de l'humanité n'était-il pas sous les Tropiques ?
Maintenant;
S'il s'agit de craintes pour le niveau de l'enseignement en Nouvelle-Calédonie, je souhaite rappeler que l'Education Nationale (française) est en charge et a la responsabilité du dit enseignement depuis des dizaines et des dizaines d'années; qu'il s'agisse de la nomination et du contrôle des enseignants du secondaire et du primaire (jusqu'à il y a peu) en passant par les chefs d'établissements, de l'élaboration et le contrôle de l'application des programmes !
Alors;
S'il faut chercher un responsable, dans un sens (faiblesse) ou dans l'autre (qualité), du niveau actuel des élèves et des étudiants ou encore de la valeur des diplômes délivrés, n'allons pas en rendre responsables nos cocotiers ...
Et laissons-les se balancer doucement dans l'alizé tout en nous berçant du doux bruissement de leurs feuilles [terme local, ou palmes], pour notre plus grand bonheur !
A bon entendeur ...
jeudi 11 juin 2009
Questions d'enseignement et d'éducation en Nouvelle-Calédonie
Il y a tant et tant de questions concernant l'enseignement et l'éducation en Nouvelle-Calédonie qui toutes vont devenir de plus en plus pressantes voire oppressantes, avec les derniers transferts que j'ai préféré offrir et partager mes réflexions via un blog "spécialisé (!?)".
Et au nom de quoi, de quelle expérience ou connaissance, ou de quel savoir-faire m'autoriserais-je un tel blog ?
La crédibilité de ce que je vais écrire, je la revendique par mon parcours professionnel et personnel autant que par mes formations initiales et continues:
J'ai passé 28 années à pratiquer divers métiers dans l'enseignement privé sous contrat en Nouvelle-Calédonie, professeur d'enseignement général en mathématiques et sciences physiques, j'ai enseigné à Touho, Poindimié, Ponérihouen et Houaïlou mais aussi à Païta. J'ai dirigé un collège à Ponérihouen et son annexe à Poindimié où j'ai ouvert une quatrième, contribuant ainsi cette dernière à devenir collège; j'ai dirigé un lycée professionnel à Houaïlou où j'ai interrompu ma carrière, rompu par tant d'années d'un investissement total; j'ai été animateur-formateur pédagogique, mettant sur pied des modules de formations pédagogiques pour professeurs débutants ou confirmés, pour accompagner les diverses et différentes réformes programmées par l'Education Nationale.
Et puis, comme un postulat, j'aime tellement mon Pays et ses habitants, je l'ai et les ai tant réfléchis ["s": j'ai réfléchi qui ? "Les", complément d'objet direct placé avant le l'auxiliaire "avoir", j'accorde], pensés, pratiqués, que je souhaite par le biais de ce blog, donner à penser ... Ce que je pense. Et surtout ne pas laisser à quelques politiques ou spécialistes (des longs CV), voire quelques arrivistes soi-disant [adjectif, invariable] expérimentés, le monopole de cette réflexion.
N.B. Pour mes lecteurs assidus de la "Chronique de Kanaky-Nouvelle-Calédonie", vous savez que cette dernière réflexion est une de mes obsessions !).